
Le beurre de karité : une source d’autonomie pour les femmes en Guinée
Dans les zones rurales de Guinée centrale, la transformation du beurre de karité apporte indépendance et espoir aux femmes. Grâce au soutien ciblé de l’organisation agricole COPRAKAM et de Trias Afrique de l’Ouest, leur production est en cours de modernisation. Cela allège la charge de travail des femmes et leur offre de nouvelles possibilités de revenus.

Une activité ancrée dans la vie villageoise
Le groupe de femmes Morbala, situé dans un village près de Dabola, dépend principalement de la transformation du beurre de karité pour sa subsistance. Peu de femmes ont déjà quitté leur village et les opportunités économiques sont limitées.
Transmise de génération en génération, la transformation des noix de karité en beurre est une activité exigeante qui s’étend souvent sur plusieurs semaines. Pour de nombreuses femmes, elle reste associée à des souvenirs de travail pénible et de faibles revenus.
Un savoir-faire transmis de génération en génération
Le beurre de karité est une graisse naturelle extraite des noix du karité, un arbre qui pousse principalement en Afrique occidentale et centrale. Il est utilisé pour hydrater et protéger la peau et les cheveux, dans la cuisine traditionnelle, dans les cosmétiques tels que les savons et les crèmes, ainsi que dans la médecine traditionnelle. Sa production repose traditionnellement sur une longue et complexe chaîne d’étapes, soigneusement transmises de génération en génération par les femmes.
« Je fais cela depuis que je suis enfant. C’était un travail très difficile : nous devions transporter des sacs de noix jusqu’au village, les cuire, les laver et les faire sécher au soleil pendant deux semaines… tout cela sans équipement adéquat. »
Djénabou Drame, transformatrice de beurre de karité

Amélioration des conditions de travail
Aujourd’hui, la production de beurre de karité est devenue plus facile pour le groupe de femmes Morbala. Les femmes sont mieux organisées et ont accès à des machines et à des équipements de transformation, dont certains ont été financés par Trias via le gouvernement belge. Cela réduit considérablement leur travail physique pénible.
Au lieu de broyer chaque noix à la main, des machines transforment désormais des sacs entiers de noix en poudre en quelques secondes seulement. La transformation du beurre de karité nécessitant beaucoup d’eau, les femmes devaient parcourir de longues distances pour s’en procurer. Avec le soutien de COPRAKAM, un puits a été construit au centre du village de Kakidi, ce qui a considérablement facilité le travail des transformatrices.

« Avant, même lorsque nous voulions produire davantage, les petites machines manuelles ne nous le permettaient pas. Nous ne pouvions ramener que trois sacs de noix maximum de la brousse. »
Fatoumata Camara, transformatrice de beurre de karité
“Depuis que nous avons reçu des outils et des machines, nous pouvons faire le travail ici, dans le village. Cela va plus vite et demande moins d’efforts.
Mariama Diallo, transformatrice de beurre de karité

Avec le soutien de COPRAKAM et de quelques femmes engagées, les transformatrices de beurre de karité de la région se sont organisées en groupes de transformatrices. Ces groupes les aident à travailler plus efficacement, à améliorer la qualité des produits, à accéder à de meilleurs marchés et à gagner davantage pour leurs familles.
Cependant, leur travail reste limité par le manque d’équipements de protection, d’espaces de séchage et de moyens de transport. Le tricycle utilisé pour transporter les noix de la brousse au village tombe souvent en panne, obligeant les femmes à marcher plusieurs kilomètres avec des paniers de noix sur la tête.

Une ressource qui mérite d’être protégée
Au-delà de son importance économique, le karité fait partie intégrante de la vie communautaire. Les arbres contribuent à protéger les habitations du vent et de la chaleur et jouent un rôle pratique dans la vie quotidienne.
« Avant, il y avait des arbres partout. Aujourd’hui, beaucoup ont disparu… Dans notre communauté, nous ne coupons plus les karités. Ils nous aident à traverser les moments difficiles. » Djenabou Drame
Trias et COPRAKAM sensibilisent les communautés à la protection de l’environnement. Il s’agit notamment d’éviter d’utiliser des herbicides à proximité des arbres et de laisser quelques noix au sol afin de favoriser la repousse naturelle. Ces gestes simples contribuent à restaurer les karités et à garantir les récoltes futures.
Vers une meilleure valorisation du beurre de karité
Le beurre de karité est très demandé en raison de ses nombreux bienfaits, mais les transformateurs ont encore un pouvoir de négociation limité. Les prix du marché varient en fonction des saisons et de l’offre, ce qui rend leurs revenus instables. Grâce au soutien de COPRAKAM, les transformateurs peuvent désormais vendre plus facilement leur production à un prix fixe. La coopérative achète directement le beurre de karité, garantissant ainsi les ventes et réduisant leur exposition aux fluctuations du marché.

L’engagement continu de Trias
En collaboration avec des partenaires tels que COPRAKAM, Trias aide les femmes rurales à améliorer leurs conditions de travail en facilitant leur accès à des équipements adaptés, en leur proposant des formations et en renforçant leur rôle au sein des organisations agricoles. Les revenus générés par la vente du beurre de karité permettent désormais à ces femmes de contribuer aux dépenses du ménage, d’envoyer leurs enfants à l’école et de gagner en autonomie. Cette voie vers l’indépendance économique est essentielle pour un développement rural durable et inclusif.
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